Les jeunes années...
C'est d'abord le temps des poésies d'enfants vantant le
romantisme des feuilles qui tombent d'un arbre ou la gloire des poilus
de la guerre de 14.
Puis les premiers romans (de 4 pages !) qui transportent les
héros de la brousse africaine au pôle nord en une fraction
de mot.
Les mimes, les récits épiques racontés aux copains dans le train de classe de neige.
Puis les scouts et les sketches au coin du feu de camp.
Ce sont les rédactions en classe qui émerveillent les
parents davantage que la note en mathématique qui les consterne.
Mon idéal littéraire de l'époque : Enid Blyton.
Enfance heureuse. Heureuse enfance.
Dans le VIème arrondissement de Paris où le formidable terrain de jeu s'appelle le Jardin du Luxembourg.
Parfait. Rien à changer.
Mis à part la petite taille et la voix cassée peut-être.
Les années jeunes...
Le Quartier Latin. Les copains de toujours.
Les cahiers à spirale qui continuent à être noircis
de pensées philosophiques, souvent inspirées de Pierre
Dac.
Tandis que mes camarades de classe (bien plus artistes que moi) sont de purs génies :
François-Pierre Deberre (décorateur de cinéma et
dessinateur) Nicolas Diaz (dessinateur) Jean-Charles Lajouanie (
journaliste) Michel Pierdait (homme de radio) Nicola Sirkis (musicien)
et d'autres dont j'ignore le parcours actuel.
Mon idéal littéraire de l'époque : Boris Vian.
Cheveux longs, musette et veste américaine. Make love not war.
Et ce scénario enflammé que j'avais écrit et qui
fut joué "presque pour de vrai" par Alain Berberian dans sa
chambre sous les toits un soir de spaghettis bolognaise !
La suite des événements...
La vie active, comme on dit.
J'ai poussé la petite porte d'une grande entreprise qui
transporte au dessus des nuages des femmes en sari, des hommes aux
chapeaux de cow-boy, des enfants multicolores aux sourires universels.
Et j'ai eu la chance d'y exercer rapidement mes talents
créatifs. Une centaine de productions vidéo, des
"feuilles de choux" internes, des affiches, des plaquettes... et des
fêtes de la musique, des carnavals...
Attachez vos ceintures... la créativité est au rendez-vous sur les pistes de décollage.
Quatre enfants plus tard, me voilà à reprendre la
plume pour moi. Moi tout seul, et vous lecteurs qui prendrez autant de
plaisir à me lire, je le souhaite, que moi à
écrire !